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Dinh Van : la maison qui a réinventé le bijou quotidien

by Benard Julie 16 Jul 2026

Chez Les Pierres de Julie, les bijoux Dinh Van reviennent souvent sur le comptoir d'expertise, portés depuis des décennies par des clientes qui ne s'en séparent plus. Cette maison de joaillerie française, fondée en 1965 par Jean Dinh Van, a construit sa réputation sur un pari singulier : dépouiller le bijou de tout artifice pour en faire un objet du quotidien. La collection Menottes incarne à elle seule une partie de cette histoire ; Le Cube Diamant et la Serrure la complètent, portés par le même souci d'épure. Le parcours de la maison croise celui de Cartier et du Drugstore Publicis. Il éclaire aussi une question que se posent nombre de collectionneurs : que valent aujourd'hui les bijoux Dinh Van vintage sur le marché de l'occasion ? Cet article revient sur la naissance de la maison, ses créations les plus reconnaissables et la valeur de ses pièces anciennes.

Dinh Van, une maison de joaillerie française née en 1965

Jean Dinh Van voit le jour le 11 septembre 1927 à Boulogne-Billancourt, d'une mère bretonne et d'un père vietnamien. Son père, artisan laqueur, lui transmet le goût du travail manuel et de la matière. Le jeune homme étudie ensuite le dessin aux Arts décoratifs, avant d'entrer chez Cartier en 1946.

Jean Dinh Van, formé chez Cartier auprès de Jeanne Toussaint

Photo de Jean Dinh Van

 

Pendant dix ans, Jean Dinh Van apprend la grande tradition joaillière sous la direction de Jeanne Toussaint, directrice artistique légendaire de la maison Cartier. Cette formation lui donne une maîtrise technique rare, qu'il retournera plus tard contre les codes mêmes qu'elle lui a enseignés.

1965 : l'ouverture de l'atelier de la place Gaillon

En 1965, Jean Dinh Van quitte Cartier et ouvre son propre atelier place Gaillon, dans le 2e arrondissement de Paris. Il y développe un goût artistique personnel, loin des contraintes d'une grande maison. Deux ans plus tard, en 1967, il choisit un lieu inattendu pour commercialiser ses créations : la boutique cadeau du Drugstore Publicis, alors l'un des espaces les plus courus du Paris de l'époque. C'est là qu'il présente la bague Deux Perles, son premier grand succès, conçue pour Pierre Cardin et distribuée dans les boutiques du couturier. Cette bague en or jaune, à la silhouette carrée, associe deux perles de couleurs différentes ; elle est aujourd'hui exposée au musée des Arts décoratifs de Paris.

1976 : la boutique de la rue de la Paix et le rayonnement international

 

Devanture d'une boutique Dinh Van

La première boutique Dinh Van ouvre en 1976 rue de la Paix, une adresse historique de la joaillerie parisienne. Jean Dinh Van y noue des amitiés avec plusieurs artistes, à qui il propose de dessiner des bijoux : Paco Rabanne et le sculpteur César comptent parmi ses collaborateurs. La maison s'installe ensuite à New York, à Genève et à Bruxelles.

Après trente-trois ans à la tête de sa maison, Jean Dinh Van cède la marque en 1998 pour se consacrer à des projets plus personnels. Installé en Touraine, il continue de créer des pièces uniques jusqu'à sa mort, survenue le 3 juillet 2022 à Neuilly-sur-Seine.

Une vision minimaliste qui bouscule les codes de la joaillerie

 

bague Dinh Van en Argent

Le style Dinh Van se reconnaît au premier regard. Jean Dinh Van refuse les bijoux ostentatoires et la parure traditionnelle ; il préfère des formes géométriques, des lignes nettes et des pièces que les femmes peuvent porter chaque jour.

Le refus du bijou ostentatoire

Cette position artistique s'oppose à la joaillerie de parure héritée du XIXe siècle, où la pierre et le volume priment sur la structure. Chez Dinh Van, le bijou perd ses ornements superflus pour ne garder que l'essentiel : une ligne, un volume, un fermoir parfois visible plutôt que caché.

Des formes géométriques devenues signature

Le cercle, le carré et la ligne droite forment le vocabulaire visuel de la maison. On retrouve ce langage dans le disque du Pi, le carré du Cube Diamant ou la ligne pure du jonc Serrure. Cette approche vaut à Dinh Van une place à part dans l'histoire de la joaillerie du XXe siècle : là où les bijoux Art déco des années 1920 associaient géométrie et abondance de pierres calibrées, Dinh Van choisit une géométrie dépouillée, presque silencieuse.

Les collections cultes de Dinh Van, entre objets détournés et icônes

Toute l'inventivité de Jean Dinh Van transparaît dans sa manière de détourner des objets ordinaires : menottes, lame de rasoir, serrure, maillon de chaîne. Chacun de ces objets devient, entre ses mains, un motif reconnaissable entre tous.

Menottes Dinh Van : le bracelet symbole du lien et de la liberté

Bijou bracelet menottes Dinh Van

 

Créées dans les années 1970, les Menottes dinh van deviennent vite la signature de la maison. Plutôt que de dissimuler le fermoir, Jean Dinh Van en fait le motif central du bijou : deux anneaux reliés par une chaîne, comme des menottes miniatures. Le motif symbolise le lien amoureux et la complicité ; le dessin reste sobre et immédiatement reconnaissable. Les Menottes se déclinent en or jaune, en or blanc, en or rose ou en titane, et se portent en bague, en bracelet, en collier ou en boucles d'oreilles.

Lame de Rasoir : un objet banal transformé en bijou audacieux

 

Jean-Paul Belmondo porte le bijou Dinh Van Lame de Rasoir

Lancé au début des années 1970, le pendentif Lame de Rasoir s'inspire des lames Gillette que le père de Jean Dinh Van utilisait dans son enfance. Le motif, à la fois minimaliste et provocateur, séduit une clientèle mixte en quête de singularité. Jean-Paul Belmondo l'a porté fièrement autour du cou pendant des années ; ce port fidèle a nourri la notoriété du bijou.

Serrure : la quête du jonc parfait

Avec la Serrure, Jean Dinh Van poursuit un objectif précis : concevoir le jonc parfait, débarrassé de tout mécanisme superflu. Il travaille l'or à la main, comme un sculpteur, et explore sa plasticité jusqu'à obtenir un fil assez souple pour s'ouvrir et assez rigide pour ne jamais se déformer. Un léger aplatissement, obtenu au marteau, accueille un fermoir en forme de serrure. Loin d'être caché, ce fermoir devient lui-même un élément de design.

Le Cube Diamant et Pulse : la géométrie mise en scène

 

Pendentif cube diamant Dinh Van
La collection Le Cube Diamant associe le cercle et le carré : le vide et le plein se répondent, et le diamant semble suspendu au centre du bijou. Le carré symbolise la stabilité et la terre ; le cercle évoque la spiritualité et le ciel. La collection Pulse s'inspire des partitions de musique : des diamants ronds, finement espacés sur l'or 750 millièmes, traduisent un rythme et des silences, comme des notes qui flottent sur la peau.

Anthéa, Pi et Deux Perles : d'autres icônes de la maison

 

Le Pi disque de jade ancien Dinh Van

La bague Anthéa joue sur le contraste entre un pavé de diamants central et un corps lisse et poli, toujours dans le respect du cercle cher à la maison. Le Pi reprend la forme d'un disque de jade ancien, le bi chinois, associé au ciel et à l'infini dans la Chine néolithique. En 1991, alors qu'une loi autorise l'importation d'or 9 carats en France, Jean Dinh Van choisit à contre-courant l'or pur, à 999 millièmes, martelé à la main : chaque pièce devient unique. Le jade occupe lui aussi une place à part dans son travail, en pendentif ou en broche, souvent réservé à des pièces uniques présentées lors d'événements privés place Vendôme. Un collier et un bracelet en or, jade et perles de culture signés Jean Dinh Van, datés du début des années 1970, sont ainsi passés en salle des ventes, preuve de l'intérêt des maisons d'enchères pour ces pièces rares.

Bijoux Dinh Van vintage : que valent-ils sur le marché de l'occasion ?

 

Collier chaîne Dinh Van en or

Les bijoux Dinh Van vintage occupent une place particulière sur le marché de l'occasion. Leur cote suit d'abord celle des modèles neufs, mais les pièces qui ne sont plus produites prennent souvent de la valeur avec le temps, portées par leur rareté.

Les critères qui influencent la cote d'un bijou Dinh Van ancien

Plusieurs éléments entrent en jeu au moment d'estimer un bijou signé :

  • le modèle et son statut, toujours au catalogue ou définitivement arrêté ;

  • la matière : or jaune, or gris, or rose, vermeil ou titane ;

  • la présence de diamants et leur qualité ;

  • l'état général de la pièce et la lisibilité du poinçon ;

  • la présence de l'écrin et des documents d'origine.

Pourquoi les modèles arrêtés séduisent les collectionneurs

Une pièce retirée du catalogue ne se refabrique plus. Cette rareté nourrit la demande chez les collectionneurs et les amateurs de bijoux signés, qui recherchent une version précise, parfois liée à une époque ou à une collaboration artistique. Le marché secondaire du bijou de luxe a d'ailleurs presque doublé en cinq ans : il pesait 5,2 milliards d'euros en 2019, contre 8 milliards d'euros en 2024, un signe que l'intérêt pour ce type de pièces continue de progresser.

Comment reconnaître et authentifier un bijou Dinh Van ancien

 

Ensemble collier bracelet Dinh Van

Avant d'acheter un bijou Dinh Van vintage, quelques vérifications s'imposent.

Le poinçon et les matières, premiers indices

Un bijou Dinh Van ancien porte un poinçon de maître et un poinçon de titre, gravés discrètement sur la pièce. Ces marques renseignent sur la matière utilisée et sur l'atelier d'origine ; leur lecture demande un œil averti, car l'usure du temps peut les rendre difficiles à déchiffrer. Le glossaire de la joaillerie détaille la signification de ces poinçons et des autres termes techniques du métier.

L'expertise gemmologique, une étape à ne pas négliger

Une expertise gemmologique complète l'examen du poinçon : elle permet de vérifier la nature des pierres et la qualité du sertissage, en cohérence avec l'époque supposée de la pièce. Chez Les Pierres de Julie, cette expertise fait partie du travail quotidien avant tout achat ou toute reprise d'un bijou Dinh Van.

Dinh Van, un bijou de créateur à découvrir chez Les Pierres de Julie

 

Paire de boucles d'oreilles Dinh Van

Soixante ans après sa création, la maison Dinh Van garde une place à part dans la joaillerie française : celle d'une signature reconnaissable en un regard, portée au quotidien et transmise de génération en génération. Les Menottes ou la Serrure racontent un pan de cette histoire, et les modèles anciens continuent d'attirer les collectionneurs. Vous possédez un bijou Dinh Van ancien ou vous cherchez à en acquérir un ? Contactez l'équipe des Pierres de Julie pour une expertise gratuite, près de la Tour Eiffel et du Village Suisse.

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