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Actualité de la Joaillerie

Un Art Nouveau : Métamorphose du Bijou

par Julie MIALET 29 Jul 2023

Le mouvement Art nouveau apparait en Angleterre vers 1860, directement issu du mouvement Arts & Crafts qui suite à la révolution industrielle et à l'automatisation du travail, prône un retour à l’artisanat et à la création de beaux objets utilitaires et esthétiques.

C'est un mouvement international librement inspiré par la nature, la femme, la flore, le symbolisme, le monde marin et l'antiquité.

En Allemagne, il prend le nom de Jugendstil, tandis qu’en Angleterre il s'intitule Arts & Crafts et en Autriche, la Cecession.

En France, il coïncide avec la Belle Époque (1890–1914) et sera affectueusement renommé "style nouille" car il privilégie les arabesques aux lignes droites.

Dans le domaine de l'architecture c'est Hector Guimard et ses fameuses bouches de métro qui le représente le mieux.

Dans celui des arts décoratifs c'est l’École de Nancy, autour d’Émile Gallé et de René Lalique qui symbolisent le mieux ce renouveau.

En peinture, les grands représentants de ce mouvement appelé "symbolisme" sont Gustave Moreau, Odilon Redon ou Pierre Puvis de Chavannes sans oublier Alfons Mucha et ses célèbres affiches.

Céramistes, ébénistes, artistes, verriers et joailliers se mettent au diapason et prônent un retour à la nature et la simplicité.

C'est lors de l’exposition universelle de Paris de 1900 que s’illustrent particulièrement Louis Majorelle, Émile Gallé, René Lalique ou Gustave Klimt.

Un Art Nouveau, Métamorphose du bijou (1880-1914), l’exposition présentée à l’école des arts joailliers avec le soutien de Van Cleef and Arpels, nous propose un voyage à cette époque à travers une sélection pointue de bijoux.

Broche Trois Fleurs en or, argent et diamants par la maison Boucheron, vers 1893-1895

 

Elle regroupe de sublimes pièces réalisées par les maîtres les plus connus et inventifs de ce mouvement tels René Lalique, Georges Fouquet ou encore la Maison Vever.

On notera la subtile mais fort intéressante présence de bijoux Art nouveaux d’autres grandes maisons françaises comme Boucheron ou Gaston Chopard.

Peigne Cigales en écaille, émail, or émaillé et perles par Gaston Chopard, vers 1903

 

L’exposition se visite en trois temps : Natures Féeriques, Éclosions et Abstractions.

 

L’Art Nouveau en Joaillerie

C’est l’essor d’une nouvelle esthétique axée sur la nature avec, par exemple, la représentation de fleurs, d’insectes, d’animaux ou du corps féminin et ses attributs qui va influencer les joailliers de cette époque.

C’est ré-imaginer le bijou comme création, comme vecteur artistique au-delà de la parure.

Il s’inspire de plusieurs courants: l’historicisme, l’orientalisme mais surtout le symbolisme (mettre l’accent sur les symboles plutôt que les faits, il naît comme opposition au naturalisme) et du romantisme (lié au romanesque, à l’aventure, à la nature et à l'expression de ses sentiments et états d’âmes).

Cet élan de la joaillerie vers l’art s’accompagne d’une transformation des matériaux: l’utilisation de matières nobles n’est plus une nécessité. C’est donc l'essor de l’émail en particulier mais aussi du verre ou de la mosaïque.

Les pierres couramment utilisées sont l’opale, la topaze, le péridot, les grenats, les perles (souvent fines) et les diamants.

Les pierres, perles, diamants sont ainsi mélangés avec l’émail, le verre et l’or….

 

Les Joailliers les Plus célèbres

Ils sont au nombre de trois: la Maison Vever, René Lalique et Georges Fouquet.

 

La Maison Vever

La Maison Vever fut créée en 1821 par Pierre-Paul Vever. En 1871 la famille Vever investit le 19 rue de la Paix et en 1875 Ernest Vever devient président de la Chambre syndicale de bijouterie, joaillerie et orfèvrerie. Henri Vever fut l’un des principaux représentants de l’art nouveau, s’opposant au classicisme qui règne en maître à l’époque. Cela se traduit par la création de bijoux qui cassent les codes de la joaillerie traditionnelle et se parent de nouvelles matières non usitées: la corne, la pâte de verre ou l’émail translucide aussi dit « émail-plique-à-jour », un des signes distinctifs de Vever.

Broche Apparitions en or, émail, ivoire et topazes réalisé par Eugène Grasset (dessinateur, illustrateur et décorateur) pour la maison Vever, 1900

 

On peut également citer les 3 F : la Femme, la Faune et la Flore, inspirations intrinseques à la Maison.

Fait intéressant : Lalique ou Fouquet ont travaillé pour la Maison Vever.

Elle gagne de nombreux prix aux expositions universelles: 9 au total…

Vever compte les personnes les plus influentes de l’époque parmi ses clients: l’impératrice Eugénie, le tsar Alexandre III ou encore le chah de Perse.

Pendentif Le Parfum ou La Rosée en or, argent, platine, émail, diamants, opales et perle par René Rozet (sculpteur) pour la maison Vever, 1900

 

S’installe un déclin progressif avec l’arrivée du mouvement art déco qui mène l’entreprise Vever à sa perte en 1982.

Néanmoins, en 2021, cette entreprise de joaillerie est relancée par les descendants directs Camille et Damien Vever

 

René Lalique

René Lalique a commencé par créer (il était dessinateur concepteur) pour d’autres joailliers tels que : Fouquet, Vever ou encore Boucheron.

Sa passion pour la joaillerie et son envie de créer s’exprimeront dès son plus jeune âge par des dessins. Adolescent, Lalique esquisse des bijoux et se présente auprès de joailliers afin de travailler avec eux comme dessinateur.

Broche-Plaque Glycine en or, opales et diamants par René Lalique, vers 1900

 

En 1885, il inaugure sa propre marque de joaillerie. Il s’inspire également de la faune et de la flore, et représente particulièrement le paon, les insectes et parfois des animaux fantastiques. Il s’arme d’émail, de cuir, de nacre ou de pierres semi-précieuses à précieuses pour ses créations fantasmagoriques. Ses premiers bijoux comportant ces matières sont exposés en 1900 lors de l’Exposition Universelle, ce qui lui apportera une notoriété internationale et affirmera son style grâce notamment à l’apparence et la décoration de son stand si unique.

Broche-Pendentif Chrysanthème en or, émail, verre, diamants et perles par René Lalique, 1900

 

C’était également un grand maître verrier: il a notamment déposé des brevets pour le verre pressé-moulé ou le verre à double fond.  ll a fait construire une usine pour pouvoir produire ses bijoux en grandes quantités.

C’est l’un des joailliers les plus emblématiques de l’art nouveau, et ses œuvres iconiques peuvent atteindre des dizaines de milliers d’euros, voire des millions.

 

Georges Fouquet

La saga de la maison Fouquet commence en 1860, quand  Alphonse Fouquet s'installe dans une boutique à Paris et propose des bijoux typiques de l'époque. Le succès est au rendez-vous, il exporte à l'étranger et présentera même certaines pièces à l'Exposition universelle de 1878.

Deux ans plus tard, son fils Georges, âgé de 18 ans, rejoint la Maison et y fait son apprentissage. Très influencé par le mouvement Art nouveau, sa première collection, présentée en 1898, met en scène des orchidées et des papillons aux lignes courbes, serties d’émaux colorés, d’opales, de corne, de perles et, parfois, de diamants.

Mais il faudra attendre l’Exposition universelle de 1900 pour voir son nom figurer parmi les maitres de l’Art Nouveau, succès renforcé par sa collaboration avec l'artiste Alphonse Mucha.

Ornement de Corsage Serpent de Mer Ailé en or, émail, émeraude et perles par Georges Fouquet, 1902

 

C'est Sarah Bernhardt qui a présenté Mucha à Fouquet (ou vis versa) , car elle souhaitait que ce dernier réalise un bracelet d’après un dessin de Mucha.

En 1901 il ouvre une sublime boutique au 6 rue royale, décorée par Alphonse Mucha.

Pendentif Nymphe des Mers en or, émail, mosaïque d'opales et diamants par Georges Fouquet, vers 1900-1905

 

Après les années 1910-1920, l'Art nouveau s’essouffle mais George Fouquet saura s’adapter à la nouvelle demande pour des bijoux de cheveux et bandeaux ornés de diamants et de plumes, synonymes du mouvement Art Déco.

Il sera de nouveau présent à l'Exposition internationale des arts décoratifs de 1925. C’est son fils Jean qui reprendra les rennes de l’entreprise mais la maison se voit contrainte de fermer ses portes en 1936, suite au krach boursier de 1929.

Georges décède en 1957.

 

Vous l’aurez compris, si comme nous, vous êtes passionnés d’Art Nouveau et de bijoux de cette époque, nous vous encourageons vivement à aller visiter l’exposition et pourquoi ne pas en profiter pour faire le tour de la Place Vendôme et ses grands joailliers…

 

Nos remerciements à l'école des arts joailliers pour cette exposition magnifique.

 

Si vous êtes intéressés par les bijoux anciens art nouveaux n’hésitez surtout pas à découvrir ce que les Pierres de Julie vous propose en boutique…

Nous sommes aussi disponibles pour toute expertise gratuite de vos bijoux arts nouveaux, pour cela vous pouvez envoyer un mail avec vos photos à contact@lespierresdejulie.com.

Soyez les bienvenus dans notre boutique du village suisse du 15ème arrondissement parisien !

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