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Découvrez Roland Schad

Roland Schad, joaillier discret, alliant le brut au raffiné.

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Pour écrire cet article nous avons eu la chance d’avoir été reçus par Erik Schaix couturier et joaillier, ami intime et mécène de Roland Schad, qui a eu l’amabilité de répondre à nos questions au sujet de ce joaillier encore trop peu connu.

Selon son ami, Roland Schad serait né entre 1930 et 1935 à Lausanne, son beau-père étant bijoutier, cela a probablement contribué à son intérêt pour la création joaillière.

C’est après des études de commerce que Roland Schad s’oriente vers un CAP de joaillerie à Nice. Il se lance alors à 28 ans dans le milieu des joyaux dont il sublime particulièrement l’aspect brut. En 1969 Roland Schad se fait remarquer avec sa collection « Barbare » alliant un travail particulier de l’or, qu’il nommera «or granité » et des minéraux bruts tels la dioptase, l’opale, les béryls et les quartz. Cela deviendra sa marque de fabrique à laquelle Erik Schaix rend hommage dans ses propres créations. Roland Schad n’a jamais sous-traité la réalisation de ces pièces. Elles sont quasiment toutes des pièces uniques. Selon son ami de longue date il faisait un « véritable travail d’artisan ». Et son génie ne s’exprimait pas que dans la joaillerie mais aussi dans la création d’objets de décoration comme des boîtes ou des presse-papiers en dioptase.

Il n’a jamais collaboré avec de grandes maisons de joaillerie de la Place Vendôme comme Pierre Sterlé, l’une de ses sources d’inspirations qui a travaillé pour Boucheron. En revanche, nous pouvons quand même parler du défilé d’Erik Schaix au Plaza Athénée en 1992, où ses bijoux s’alliaient aux tenues du créateur couturier. Les 5 dernières années de sa vie, il a travaillé avec la créatrice de Gem’s Secret, Sin Lee Lim.

Parmi les clientes de Roland Schad, citons Madame Fenestraz connue pour ses propriétés à Courchevel, Madame Berthillon-Chauvin ou encore Edith Bongo, épouse du président gabonais Omar Bongo. Cependant, Schad ne fut pas que joaillier, il était aussi un artiste exposé.

Roland Schad exposait au Salon Porte de Versailles dans la section des créateurs, car selon lui la clientèle était davantage « triée sur le volet ». Il a également exposé dans la galerie Léadouze, avenue Matignon, chez Madame Nadine de Rothschild  ainsi que dans la galerie Schaix.

Mais l’exposition dominante de sa carrière est probablement celle appelée « Sculptures de tempête » dont Erik Schaix fut l’instigateur. Suite à la tempête qui a ravagé les jardins de Versailles en 1999, le domaine national de Versailles décide de vendre aux enchères le bois de ses arbres les plus prestigieux. Erik Schaix y acquiert le cèdre de la Pépinière, le Cèdre de l’Atlas planté par Napoléon et le Tulipier de Marie-Antoinette. Il fait appel à ses amis artistes et leur demande de réaliser des sculptures à partir de ces bois. Roland Schad réalise alors sa pièce maitresse « L’arbre et le Soleil », un tulipier de Virginie serti d’or fin, de citrines, de pierres de Soleil, béryl vert, cornaline, pierre de lune.

Inaugurée le 4 juin 2004 à l’Orangerie du Trianon, par Renaud Donnedieu de Vabres, alors Ministre de la culture à l’époque, l’œuvre de Roland Schad y fut très remarquée.

En dehors de la joaillerie, selon son ami toujours, Schad était plutôt épicurien et amateur de meubles anciens de taille imposante comme les bahuts ou les armoires normandes… Erik Schaix le qualifie d’ailleurs de « rustre raffiné » ce qui nous renvoie à ses créations alliant élégance, minéraux brut et or granité.

C’est en 2017 que Roland Schad s’éteint. Mais son savoir-faire se retrouve dans les créations d’Erik Schaix au sujet desquelles il dit, d’une certaine manière, rendre hommage au travail de son ami par le travail de « l’or granité » qu’il applique également à l’argent.

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