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"Bejewelled treasures", Les joyaux de la collection Al Thani: 4 siècles de créations joaillières et de gemmes en Inde

Les joyaux de la collection Al Thani

Quelques 60 joyaux de la collection privée formée par le cheikh Hamad bin Abdullah Al-Thani sont exposés en ce moment au Victoria and Albert Museum de Londres. Cette très belle exposition présente une sélection exceptionnelle de pièces de joaillerie couvrant quelques 300 ans de traditions Indiennes, de la période moghole jusqu'à nos jours en passant par le début du XXeme siècle et le début des échanges avec l'occident. Tout un symbole de ce vaste Empire, un témoignage historique des arts et coutumes de la période moghole des 17ème, 18ème et 19eme siècles ainsi que de l'évolution vers des échanges et des commandes chez les grands joailliers Européens, tels Cartier, Mellerio dits Meller, Mauboussin, Harry Winston...à partir du début du XXème siècle. Rubis, saphirs, émeraudes, spinelles, diamants, perles et jade, autant de pierres et minéraux découverts dans les mines du Sri Lanka ou du Cachemire, que des dynasties de Maharadjahs, rivalisant d'audace, ont fait sertir en des parures exceptionnelles.

L' Inde a été un centre dynamique dans la taille de pierres et l'artisanat de bijoux pendant de nombreux siècles, possédant ses propres mines d'or, de diamants, et de pierres précieuses et semi - précieuses. Les Souverains moghols et leurs successeurs appréciaient les objets cérémoniels et fonctionnels et les transformaient en pièces luxueuses: poignards, épées, ornements de turbans, colliers, boucles d'oreille, vases....

Historiquement, la forme de pierre favorisée dans toute l' Inde était le cabochon. Le spinnelle était une pierre de bien plus grande valeur que le rubis, d'où bon nombres de bijoux réalisés avec celle-ci. Les empereurs Moghols recherchaient ces pierres incomparables. Concernant les diamants, les mines historiques de Golcondes en Inde, offraient des pierres exceptionnelles par leur taille et pureté jusqu'à leur tarissement au XVIIIème siècle. Aujourd'hui, encore un diamant de provenance "Golcondes" vaudra plus cher qu'un autre diamant ayant rigoureusement les mêmes caractéristiques. Les perles fines étaient enfilées dans de très longs colliers portés par les maharadjas. Sous la domination moghole, les perles étaient mélangées avec des émeraudes et spinelles. Ces colliers représentaient l’emblème de la royauté. Vers le milieu du XVIIème siècle, apparait l'émaillage, technique venue vraisemblablement de Goa, un comptoir portugais.

Presque toutes les parties du corps ont leurs bijoux : bijoux de cheville, ceintures, bagues, bracelets, colliers, boucles d’oreilles, anneaux pour le nez, bijoux de tête… mais le bijou emblématique de l’Inde, reste le « Sarpesh » (ornement de Turban) Les hommes, comme les femmes en portaient.

On pourra aussi admirer des objets, vases, poignards et boites en jade qui revêtait un pouvoir magique. De Bâbur (fondateur de la dynastie moghole) à Shah Jahân, le jade était considéré comme la pierre de victoire.

Concernant le travail d'orfèvrerie et de joaillerie, dans la tradition kundan, la pierre reposait sur un lit d'or, et son dos était entièrement émaillé, le bijou était aussi beau de face comme de dos.

De tous ces trésors d'un luxe inouï, désormais connus sous le nom de Collection Al Thani, mes préférés restent le diamant rose "Agra" de forme rectangulaire à pans coupés, la broche Paon de Mellerio dit Meller et la bague avec le Rubis "Indore" d'une couleur fascinante et d'une telle modernité!

A propos de l'auteur

Julie Cailleux Mialet dirige une galerie d'art, La Tour Camoufle, au Village Suisse à Paris, spécialisée en meubles, objets et tableaux des 18ème et 19ème siècles. Parallèlement à cette activité, sa passion pour la gemmologie et les pierres précieuses l’a poussé à suivre un cursus de formation de 4 ans en gemmologie. Elle est diplômée de l'Institut de Gemmologie à Paris depuis 2004. En 2005, elle crée "Les Pierres de Julie" et se spécialise dans l'expertise de pierres précieuses et pierres fines.