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Les Bijoux Empire

L’impératrice Joséphine de Beauharnais (23 juin 1763-29 mai 1814), dont nous fêtons le bicentenaire de la mort cette année, participa au développement de la joaillerie française, en acquérant de nombreux bijoux ou en portant avec élégance les parures offertes par l’Empereur Napoléon, dont elle fut la première épouse. L'exposition qui lui est consacrée par le musée du Luxembourg est l'occasion de redécouvrir son destin hors du commun et de nous pencher sur les bijoux Empire...

A l’époque de Joséphine et de Napoléon apparaissent des bijoux « Empire », dont le style bien caractéristique marque l’histoire de la joaillerie, de même qu’il existe un style Empire dans le domaine des arts décoratifs.
Ce style perdure de 1799 à 1820.

Sous Louis XVI, l'or avait été davantage utilisé pour financer des guerres plutôt que pour créer des parures. Après la proclamation du Premier Empire par Napoléon, la riche tradition joaillière d'avant la Révolution française connaît un nouvel essor.

Napoléon, amateur de bijoux , combla ses deux épouses successives de pierres, ainsi que les femmes de sa famille. Il utilisa également la joaillerie pour établir des liens politiques et diplomatiques. Ainsi, il offrit distinctions et cadeaux, parfois somptueux, pour récompenser ses amis et rallier ses ennemis. Décorations ou tabatières serties de pierres précieuses furent réalisées dans les métaux les plus nobles.

De ce fait, les joyaux somptueux, les ordres et les décorations se propagèrent à cette période pour confirmer la grandeur de l'Empire et la puissance du souverain. Ils marquent le retour au faste et à l’exubérance.

Toutefois, les ressources en matières précieuses de l’époque influencent la confection des bijoux. Les bijoux du début du XIXème siècle sont ainsi plus fins, mais aussi plus délicats et très travaillés.

A cette époque, un style spécifique fait son apparition dans les arts décoratifs, alliant le néoclassicisme à une symbolique du pouvoir typiquement napoléonienne qui utilise l'aigle, l'abeille, des portraits du souverain et des chiffres couronnés. Il en résulte un style Empire, en l'honneur et à la gloire de l'Empereur. Dédié à l’adoration de Napoléon, il fut repris par toute l’Europe. Il comprend des motifs et des éléments classiques inspirés de l’art antique grec, romain, combinés à l’égyptomanie. Pour afficher la grandeur de l’Empire, la cour napoléonienne arborait des insignes, des armes de cérémonie, ainsi que des pierres précieuses et des bijoux de grande valeur. On retrouve ces symboles de l'antiquité et du pouvoir dans les bijoux de style Empire. De plus, ces derniers suivaient la mode, aussi bien pour les matériaux utilisés que pour la couleur ou la forme, témoignant d'une très grande richesse de créativité.

Les influences de la Grèce antique et de l’Égypte, dues aux compagnes d’Egypte de Napoléon Bonaparte, marquent fortement l’esthétique des bijoux de cette époque.

Le bijou phare de cette période est le camé antique, généralement taillé dans le corail ou l’ivoire. Les matières de prédilection sont le corail, les perles, l’ambre, les pierres fines, et le diamant, qui sera surtout employé sous Napoléon III, après les découvertes de mines de diamants en Afrique du Sud. Les diamants taille ancienne, taille rose, qui avaient disparu dans la 2nde moitié du 18è siècle, réapparaissent.

La symétrie et la rigueur sont mises à l’honneur par les plus grands joaillers de cette période, comme Marie-Etienne Nitot, fondateur de la maison Chaumet. Les motifs les plus courants sont le monogramme N pour Napoléon, l’aigle symbole de l’Empire, les lignes droites, les symboles de l’Égypte antique (sphinx, œil de Ra, scarabées), les dieux et déesses antiques, les feuilles, les palmettes et les fleurs. Les colliers sont souvent formés d'arceaux de chaînes qui relient des motifs de taille décroissante à partir du centre. Un autre collier caractéristique de l’époque se diffuse, le sautoir, très longue chaîne enrichie d'un ou plusieurs motifs dissimulant le fermoir.

Grande collectionneuse de bijoux et de parures, l'impératrice Joséphine joua un rôle important dans le renouveau de la joaillerie française sous l'Empire.

Exposition "Joséphine", Musée du Luxembourg, du 12 mars au 29 juin 2014.

Photographies : Portrait de l'Impératrice Joséphine, François Gérard, Château de Malmaison. Portrait de l'Impératrice Joséphine en costume de reine d'Italie, Andrea Appiani l'Aîné, Rueil-Malmaison, copyright RMN, Gérard Blot. Diadème, photo copyright Musée du diamant à Anvers. Parure, photo copyright Musée du diamant à Anvers.

A propos de l'auteur

Julie Cailleux Mialet dirige une galerie d'art, La Tour Camoufle, au Village Suisse à Paris, spécialisée en meubles, objets et tableaux des 18ème et 19ème siècles. Parallèlement à cette activité, sa passion pour la gemmologie et les pierres précieuses l’a poussé à suivre un cursus de formation de 4 ans en gemmologie. Elle est diplômée de l'Institut de Gemmologie à Paris depuis 2004. En 2005, elle crée "Les Pierres de Julie" et se spécialise dans l'expertise de pierres précieuses et pierres fines.